Éditeur : ActuSF
Date de sortie : 17 juin 2022
Genre : pré-apocalyptique

Synopsis

À l’abri de tours gigantesques, manipulations et expérimentations génétiques façonnent le futur de l’humanité. Phénix est l’une d’elles, un organisme accéléré capable de prouesses bien supérieures à celles d’un humain normal. Entourée d’autres individus aux pouvoirs hors normes, elle grandit sans se rendre compte de la cruauté de ses créateurs.

Sa vie bascule le jour où Saeed, son seul ami et amant, se suicide après avoir été témoin de l’horreur de trop. Sa mort allume en Phénix le feu d’une rébellion qu’elle ignorait posséder. Elle n’a alors plus qu’une idée en tête : s’échapper et détruire toutes les tours… quitte à entraîner le monde entier dans leur chute.

Critique

Une lecture si prometteuse

Manipulations génétiques, capacités paranormales et rébellion des « sujets » face aux traitements inhumains qu’ils subissent : voici autant de raisons qui m’ont poussée à demander en service de presse Le Livre de Phénix, et sans la moindre hésitation qui plus est.

Je l’avoue, j’étais certaine d’aimer ce one-shot, car c’est le genre de thématiques que j’affectionne en temps normal. Je ressors néanmoins déçue de cette lecture ! Peut-être aurais-je dû commencer par Qui a peur de la mort ? dont Le Livre de Phénix est une préquelle indépendante. Ou peut-être ce roman n’était-il tout simplement pas fait pour moi…

Je remercie tout de même les éditions ActuSF pour l’envoi.

Un conte pré-apocalyptique

C’est ce qu’indique la quatrième de couverture, et je ne peux que confirmer ! Au début du livre, le monde est sur le point de s’embraser sous la colère de Phénix. J’étais alors pleine d’espoir, pressée de découvrir le destin de l’héroïne, fruit d’une expérience qui dépasse l’entendement de ceux-là même qui l’ont initiée… Que de promesses dans les premiers chapitres ! Enfin, presque, car je n’ai pas aimé le prologue (ni l’épilogue, d’ailleurs).

Très vite, survient l’élément déclencheur : le suicide de Saeed. Nnedi Okorafor entre alors dans le vif du sujet pour ne plus jamais s’arrêter. À ce moment-là déjà, je trouvais que les choses se précipitaient, que l’évolution de Phénix était trop rapide. Comme s’il y avait urgence de raconter cette histoire…

Un rythme si effréné !

Je déteste m’ennuyer, donc c’est quelque chose de positif en règle générale. Mais pas cette fois. Au contraire, j’ai eu l’impression que l’auteure survolait son récit plutôt que de le raconter. Résultat : il manque de développement, d’explications, de transitions. Et, au final, de crédibilité ! S’agissant de science-fiction, je m’attendais à davantage d’approfondissement, notamment au niveau des expériences génétiques ou des capacités hors normes de l’héroïne.

En outre, l’intrigue m’a paru bien linéaire. Sous certains aspects, il s’agit d’un roman tranche de vie qui raconte chaque grande étape de l’existence de Phénix. Hélas, si elle est riche en action, la narration manque de construction, de caractère, de personnalité. C’est trop mécanique !

Une plume à part

Le style de Nnedi Okorafor est particulier. C’est une force brute ! Elle ne s’embarrasse pas de fioritures, de longues phrases ou de transitions – c’est ce que je disais plus haut -, elle dit les choses telles qu’elles sont, même si elles sont violentes. 

En toute honnêteté, cette plume ne me correspond pas. Je dois cependant admettre que certains passages m’ont beaucoup plu. Les leçons de vie que nous donne Phénix, les mots simples qu’elle utilise pour décrire des choses complexes et, par là même, revenir à l’essentiel : c’est d’une poésie incontestable ! Cela n’a malheureusement pas suffi, en grande partie parce que je ne me suis pas attachée à l’héroïne…

Mais qui es-tu, Phénix ?

Je me pose encore la question aujourd’hui, plusieurs semaines après ma lecture. Elle et moi, on ne s’est pas comprises. À de nombreuses reprises, son comportement m’a semblé incohérent ; elle est capable de passer de la neutralité la plus totale à la rage la plus folle en un claquement de doigts. Alors, certes, elle est encore très jeune (c’est un organisme accéléré, il ne faut pas l’oublier), néanmoins ses ressentis sont beaucoup trop changeants, ses réactions beaucoup trop excessives pour être réalistes.

Quant aux autres personnages, il est difficile de se faire un avis car, le récit étant écrit à la première personne, on les voit uniquement par les yeux de Phénix. Or, ses émotions prennent toute la place ! 

D’ailleurs, à ce sujet, je n’ai pas été convaincue outre mesure par les romances, toutefois Nnedi Okorafor n’en fait pas un élément central. Comme le reste, elle raconte ce qui se passe dans la vie – et dans le cœur de Phénix – sans s’attarder sur un élément en particulier, si ce n’est sa rage. Encore une fois, ce n’était pas suffisant pour moi…