Éditeur : Snag
Date de sortie : 22 octobre 2020
Genres : dystopiepost-apocalyptique

Synopsis

Si l’air devenait toxique, jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour respirer ?

Imaginez un futur où la montée des eaux aurait redessiné le contour des continents. Un monde ravagé où la faune et la flore n’existent plus que dans les vieux livres d’histoire.

Pire, un monde où l’air se vend et s’achète comme un vulgaire bien de consommation. Mais comment vivre sa vie quand l’air est devenu un luxe que l’on ne peut se payer ?

Plongez au cœur des bas-fonds malfamés de Toronto et transgressez les interdits de cette ville qui ne dort jamais. Mais prenez garde, car dans cette cité où tout n’est qu’illusion, gangrenée par l’eugénisme, un parfum de rébellion flotte déjà dans l’air…

Critique

Une seconde chance pour un premier roman

L’an dernier, j’ai eu la chance de découvrir Johanna Marines grâce à ma lecture de Cendres. Bien que ce one-shot ne m’ait pas totalement convaincue, j’ai eu un réel coup de cœur pour la plume de l’auteure. C’est pourquoi Airstronomy, son roman précédent, se trouve depuis lors dans ma wishlist

Ce roman a toutefois été réédité sous le titre Oxygen par les éditions Snag, qui m’ont gentiment fait parvenir un exemplaire. Je les remercie donc pour l’envoi !

Parce que le synopsis n’est pas très explicite…

Il met surtout en avant l’univers post-apocalyptique dans lequel le lecteur s’apprête à plonger. Mais Oxygen, c’est aussi l’histoire de Maïa, jeune médicinaute bien décidée à percer le mystère qui entoure le décès de son père, scientifique de renom. S’agit-il vraiment d’un suicide ? Dans ce cas, pourquoi sa mère refuse-t-elle de la voir fouiner dans ses affaires ?

En compagnie de son ami Naos, Maïa mènera l’enquête au sein de l’Unité Technologie Santé, le service hospitalier dédié aux dysfonctionnements de l’oxycaptor – cette machine qui permet de réguler le flux d’oxygène dans le sang. Bien vite cependant, la réalité la rattrape ; au dehors, le mécontentement est partout, la rébellion gronde. Les citoyens de Toronto exigent un monde plus juste !

Un futur dans lequel l’air se monnaie 

C’est avec un soin tout particulier que Johanna Marines décrit les répercussions environnementales, sociales et économiques liées à l’absence d’oxygène dans l’air. Elle revient ainsi sur les raisons qui ont poussé l’humanité à se greffer des bonbonnes dans le dos pour pouvoir respirer et ce, dès la naissance.

Alors, surtout, rassurez-vous : elle ne nous noie pas sous un flot d’informations scientifiques, bien au contraire. Les indications sont facilement compréhensibles et disséminées dans le récit de manière à le rendre fluide. Et que c’était crédible !

Lorsque je lisais ces passages, je ne savais plus si j’avais envie de poursuivre ma lecture ou de m’arrêter afin de fermer les yeux sur cet avenir plausible. Certes, il ne s’agit que d’une possibilité parmi tant d’autres, mais elle m’a fait froid dans le dos.

Quand l’intrigue s’éparpille

Pour moi, il s’agit d’un inconvénient, mais cela devrait plaire à d’autres lecteurs.

Au départ, je pensais simplement suivre Maïa, tandis qu’elle se renseigne discrètement sur son père en vue de comprendre les raisons de son suicide. Mais, rapidement, elle se jette à corps perdu dans d’autres batailles, toutes très différentes les unes des autres. 

Bon, je me doutais que les chemins empruntés par l’intrigue finiraient par se rejoindre. Mais un tel procédé est généralement mis en œuvre par le biais de plusieurs points de vue. Ce n’est pas le cas ici, puisque Maïa fera toutes les découvertes. Et… cela m’a semblé trop ! J’ai même eu l’impression que Johanna Marines usait de raccourcis afin de permettre à son héroïne de faire le lien entre les événements, au point de rendre la toile générale légèrement floue.

Autre conséquence : comme l’auteure n’hésite pas à explorer plusieurs pistes à la fois, j’ai ressenti comme des longueurs. Toutefois, je doute de ce dernier point. Je crois que j’ai été frustrée de ne pas avoir de fil rouge, tout simplement !

Enfin, et c’est le plus dérangeant, Johanna Marines ne va pas toujours au bout de ses révélations, se précipitant bien trop souvent vers la suivante.

Une héroïne prête à tous les combats

Maïa est une jeune femme que l’on ne peut qu’admirer pour sa détermination. Certes, elle commettra des erreurs, mais se relèvera toujours. Le hic, c’est que je l’ai parfois trouvée trop forte, justement. C’est comme si elle s’intéressait à toutes les causes, comme si elle prenait la responsabilité de tous les malheurs du monde. Et, surtout, c’est comme si elle savait naturellement quel camp choisir, alors que la frontière entre Bien et Mal est floue. Résultat : elle a un peu perdu en crédibilité à mes yeux, même si elle a bien joué son rôle.

Quant à Naos, son compagnon de toujours, il m’est apparu geignard et inconstant, du moins dans la première partie. Par exemple, il changera trop rapidement d’avis au sujet des cryogénisés, ces personnes que l’on réveille après un sommeil de plusieurs siècles, car elles ont décidé de fuir la réalité qui était la leur. Ce sujet passionnant prend d’ailleurs forme grâce à Jade, une jeune fille qui a expérimenté cette approche. Cependant, Johanna Marines a rapidement délaissé ce personnage. Quel dommage !

Dernier bémol : la romance qui survient au plus mauvais moment, sans même s’annoncer. Heureusement, cela ne dure que le temps d’un chapitre, et j’ai bien vite oublié ce désagrément.

Un final qui va crescendo

Même si l’intrigue se disperse sans cesse, elle réserve suffisamment de surprises pour entraîner le lecteur durant les 100 dernières pages. En dépit de quelques facilités, j’ai grandement apprécié le dénouement. Il m’était impossible de m’arrêter avant de tourner la dernière page ! J’ajouterai également que Johanna Marines nous offre toutes les réponses, et même plus encore, ce qui est appréciable.

En conclusion, comme pour Cendres, j’ai adoré les idées de l’auteure, mais un peu moins leur réalisation.

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Cendres, Johanna Marines