Editeur : Nathan
Date de sortie : 4 mai 2017
Genre : dystopie (jeunesse)

Synopsis

Dans une Angleterre gouvernée par une poignée d’aristocrates aux pouvoirs surnaturels, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage.

Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient ainsi leur destin bouleversé quand leurs parents les emmènent accomplir en famille leurs jours d’esclavage.

Abi devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le décor est somptueux, pourtant il dissimule des luttes de pouvoir sans pitié. Luke est exilé dans la ville industrielle de Milmoor. Loin de sa famille, dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Mais d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

Critique

Etrange ? Passionnant, plutôt !

Bizarre, voilà le premier mot qui m’est venu à l’esprit en lisant les premiers chapitres. Il faut dire que l’univers est particulier – revisitée, l’histoire de Grande-Bretagne mêle désormais magie et esclavage – et que l’auteure nous laisse dans le flou pendant un certain temps.

J’avoue avoir été perturbée par des éléments qu’on ne m’expliquait pas clairement : le Don qui m’apparaît toujours très confus, le passé des Égaux extrêmement détaillé, l’instauration des jours d’esclavage aujourd’hui considérés comme légitimes, le fonctionnement des institutions politiques, etc.

En bref, beaucoup d’informations à assimiler très vite. Heureusement, on suit en parallèle le quotidien de roturiers, bien plus accessible, ce qui m’a permis d’assembler les pièces du puzzle, petit à petit. Et une fois le cadre posé, les règles connues, j’ai été plus que séduite !

Je remercie donc le blog Temps de Mots pour sa chronique (que vous pouvez consulter ici) qui m’a convaincue de me lancer dans cette lecture coup de cœur.

Amour, cruauté ou indifférence : faites votre choix !

Je préfère vous avertir : lire Les Puissants, c’est vous exposer à une myriade d’émotions contradictoires. D’abord révoltée par les jours d’esclavages obligatoires, j’ai ensuite été admirative du courage de Renie, de Doc Jackson et de Luke pour tenter de les rendre moins pénibles, voire même de les abolir. J’ai également été touchée – ou désabusée, je ne sais plus ! – par l’impuissance de Jenner.

Même Silyen a réussi à m’attendrir, aussi incroyable que cela puisse paraître, dans sa relation quelque peu étrange avec Euterpe. Bon, il est vrai que la plupart du temps il me faisait froid dans le dos. C’est un personnage qui ne sert que ses propres intérêts et que j’ai eu un peu de mal à cerner. A l’inverse, Gavar est plus transparent, victime de la colère qu’il porte à son père, étant incapable de combler ses attentes. Bien entendu, on en vient à détester – ou presque ? – ces Égaux, pour qui il est naturel de posséder tous les droits, et à compatir au malheur de ceux qui ne jouissent pas de leur statut.

Pour autant, l’histoire se révèle plus complexe qu’une simple lutte inégale entre « bons » et « méchants ». Grâce aux différents points de vue abordés, on comprend plus facilement les souhaits et les motivations de chacun. Pas de caricatures ici donc, mais des personnages travaillés de main de maître par Vic James.

Une fin magistrale

De la première à la dernière page, l’intrigue va crescendo. On ne subit pas un seul flottement, pas un seul ralentissement. Bref, que des surprises ! Et lorsque l’on se dit que la situation ne peut être pire, l’auteure nous démontre aussitôt le contraire. Tout ceci présage de sacrés rebondissements pour la suite, que j’ai hâte de dévorer !

Un livre qui fait réfléchir ?

Tout le monde le sait, c’est dans la nature humaine de se montrer égoïste. Mais Les Puissants nous pousse à nous interroger : jusqu’où serions-nous prêts à aller pour parvenir à nos fins ? Malgré cela, nous sommes capables de faire preuve d’amour et de bonté.

En fin de compte, Vic James pose les questions qui fâchent, comme c’est souvent le cas en dystopie. En exagérant les faits, en imaginant des conséquences dramatiques, elle dénonce les torts de notre société actuelle. Car oui, dans le monde réel, il existe des puissants et des esclaves. Simplement, les artifices ne manquent pour masquer la pauvreté, l’injustice, les inégalités sociales…

Attention, cependant : selon moi, cette série n’aurait pas dû être publiée au rayon jeunesse. J’ai, en effet, trouvé certaines scènes assez dures, peut-être même choquantes pour des adolescents, comme par exemple celles concernant Chien. Mais cet avis n’engage que moi, bien entendu.

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