Éditeur : Scrineo
Date de sortie : 24 octobre 2019
Genre : anticipation (young adult)

Synopsis

Aux frontières de la mort, les souvenirs deviennent des armes…

Dans le futur, la réalité virtuelle a fait place aux rêves lucides partagés. Une version extrême de cette technologie, basée sur des expériences de mort imminente contrôlées, a donné naissance à la métamachie : un sport de combat opposant deux compétiteurs dans des arènes subconscientes, armés de leurs souvenirs manipulables à volonté.

À dix-sept ans, David redoute cette discipline dont l’étoile montante n’est autre que Théa, sa petite amie. Plus sa carrière progresse, plus elle s’éloigne de lui. Tout bascule le jour où elle ne se réveille pas à la fin d’un combat. Alors que l’organisation étouffe l’affaire, David se retrouve seul et sans réponses.

Lorsque l’opportunité de participer à un tournoi amateur s’offre à lui, il y voit une chance de mener l’enquête de l’intérieur. Mais ses propres souvenirs semblent se mettre en travers de son chemin.

Jusqu’où est-il prêt à aller pour découvrir la vérité ?

Critique

Mon troisième coup de cœur de l’année !

En débutant Au-delà de la Lumière, je m’attendais simplement à passer un bon moment de lecture. Néanmoins, au fil des chapitres, j’ai compris que ce one-shot serait bien davantage. Le récit m’a complètement embarquée, ses personnages ont su me toucher, les mots de l’auteur me convaincre qu’ils étaient réels. Et lorsque j’ai tourné la dernière page, j’ai su que cette histoire me resterait encore longtemps en mémoire !

Je remercie donc les éditions Scrineo, d’abord pour l’envoi de ce roman, ensuite pour m’avoir permis de vivre de véritables expériences littéraires, uniques et enrichissantes, tout au long de l’année.

Hors des sentiers battus

Il y a quelque temps, je me suis fait la réflexion que, même si j’appréciais mes lectures, elles reprenaient toujours les mêmes codes, reproduisaient le même schéma. Pourtant, avec Au-delà de la Lumière, Daniel Mat m’a prouvé qu’il était encore possible de me surprendre.

L’auteur a ainsi réinventé le concept de réalité virtuelle grâce aux rêves lucides partagés et à la métamachie, un sport de combat hautement encadré. Si les premiers plongent simplement les personnages dans un sommeil profond, la seconde est plus extrême, car elle implique leur mort momentanée. Au sein de l’arène, les participants ne disposent que de quelques minutes pour vaincre leur adversaire par la force de leur esprit. Leurs souvenirs sont leur principal atout, mais encore faut-il réussir à les contrôler…

Apprendre à se connaître, jusqu’à ses failles

Comme vous pouvez vous en douter, la métamachie occupe une place prépondérante dans l’histoire, et c’est ce qui m’effrayait. En fait, je craignais de m’ennuyer durant les combats ; quelle que soit leur forme, ils apparaissent souvent flous, voire répétitifs, dans bon nombre de livres.

L’auteur a cependant relevé le défi avec brio, puisque je n’ai jamais perdu le fil. Mieux encore, ces passages m’ont captivée ! En effet, plus David combat, plus il se découvre lui-même. Son inconscient recèle autant de réponses que de questions, autant de peurs que de bravoure. Et lorsqu’il rentre en collision avec celui des autres compétiteurs, tous sont mis à nu ! C’est donc avec finesse et minutie que Daniel Mat a creusé ses personnages, jusqu’à les rendre tangibles à mes yeux. 

Et pourtant, ce n’était pas gagné ; ils étaient tellement nombreux au départ que j’avais tendance à les confondre, à oublier leurs particularités physiques. Toutefois, ce qui compte vraiment, c’est la manière dont ils pensent, la manière dont ils se battent. En les suivant jusque dans l’arène – dont les décors sont le fruit de leur imagination -, on apprend à les connaître, on découvre l’étendue de leur complexité et, surtout, on finit par s’attacher à eux, malgré leurs défauts.

Un héros amoureux, mais crédible

Les débuts d’Au-delà de la Lumière racontent la fin de la relation que David entretient avec Théa. En effet, comment aimer une personne qui ne s’est jamais réveillée de son dernier combat ? Pire encore, comment l’aimer alors que l’on ne sait pas ce qu’il est advenu de son corps et de son esprit ?

Ces interrogations hantent David, mais il refuse de renoncer. Son amour est toujours bien présent, même s’il a conscience que tout n’était pas parfait entre Théa et lui. Et c’est justement cela que j’ai apprécié dans ce one-shot ! Cette histoire d’amour, qui pousse David dans ses retranchements, n’a jamais été idéalisée. Certes, le jeune homme est prêt à tout pour découvrir ce qui est arrivé à Théa, mais l’auteur ne l’a jamais rendu invincible afin de créer le héros parfait.

Un livre, une infinité d’émotions

C’est le dernier point, c’est promis, car cette chronique est déjà suffisamment longue. Mais il me reste encore un sujet à aborder, un sujet important : les émotions que ce livre est capable de faire naître chez le lecteur. Daniel Mat aborde, avec des mots simples et des phrases courtes, des thématiques fortes auxquelles il est difficile de rester insensible, comme le deuil, le rejet familial, la dépendance ou encore le manque de moyens financiers.

Au-delà de la Lumière est donc un one-shot complexe et complet à tous points de vue. Une pépite de la littérature young adult à côté de laquelle vous ne devez surtout pas passer ! D’ailleurs, il se pourrait bien qu’un concours se prépare sur mon compte Instagram… Restez à l’affût !

Interview de Daniel Mat

Grâce aux éditions Scrineo, j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Daniel Mat afin d’en savoir un peu plus sur son parcours et ce qui l’a amené à publier son premier roman. Je remercie l’auteur de s’être prêté au jeu de l’interview.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Daniel Mat : J’ai toujours aimé raconter des histoires. Mon souvenir le plus lointain remonte à l’enfance, alors que je savais à peine écrire. Je créais des sagas interminables avec mes jouets, dans toute la maison, en insistant pour que ma grand-mère (qui me gardait, à cette époque) ne touche à rien jusqu’au lendemain ! Je retrouvais toujours mes figurines exactement où je les avais laissées, et je poursuivais l’histoire, de rebondissement en rebondissement, jusqu’à l’affrontement final ! Ces aventures pouvaient durer des semaines… Je dois beaucoup à la patience infinie de ma grand-mère.

Finalement, écrire ce n’est pas très différent. Heureusement, ça prend moins de place.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à choisir un univers imaginaire et, surtout, futuriste ?

Daniel Mat : L’imaginaire m’a toujours fasciné. J’aime cette capacité à faire rêver d’un monde qui n’existe pas, tout en parlant de thèmes qui s’appliquent parfaitement au nôtre.

En fait, je ne crois pas vraiment qu’il s’agisse d’un choix, en ce qui me concerne. Ce sont simplement les univers qui me parlent le plus. Je navigue très volontiers entre la fantasy et la science-fiction qui, pour moi, ne sont pas si éloignées l’une de l’autre.

Pour ce qui est du contexte temporel, la décision s’est faite toute seule, en lien avec le concept. Il y avait la nécessité de technologies qui n’existent pas encore. Même si je n’essaie jamais d’expliquer précisément leur fonctionnement, leur nature est centrale à l’intrigue et aux thématiques du roman. L’univers futuriste était plus cohérent, tout simplement.

Comment est né Au-delà de la Lumière ? Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Daniel Mat : Le concept s’est construit de manière assez progressive. Depuis très jeune, je m’intéresse aux rêves lucides et aux expériences de mort imminente. Cette image de « la vie qui défile devant nos yeux », souvent rapportée par les gens qui ont approché de la mort, m’a conduit à l’idée d’un sport de combat « subconscient » où les souvenirs pourraient aider les participants… ou les condamner, s’ils ne les maîtrisaient pas.

Par contre, l’intrigue elle-même est vraiment sortie de nulle part. Je rêvassais, comme trop souvent, et l’image d’une jeune femme inanimée, allongée sur un fauteuil au milieu d’une foule de spectateurs, m’est venue en tête. Le personnage principal luttait, écartait des gens sur son passage pour pouvoir l’atteindre et la sauver. Tout est parti de cette scène. Ce point de départ a rencontré le concept mentionné plus haut, et Au-delà de la Lumière est arrivé.

Plus concrètement, le roman trouve ses inspirations dans des films comme Inception ou encore Matrix, et aussi dans la littérature dystopique où la mort est au centre de l’intrigue, notamment Hunger Games ou encore La Faucheuse (qui est un de mes plus gros coups de cœur de ces dernières années).

Quel message, quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à travers ce roman ?

Daniel Mat : Sans vouloir esquiver cette question délicate, j’ai l’impression de ne jamais écrire pour transmettre directement un message ou des valeurs. Je pense que c’est un effet secondaire inévitable, et que le texte va les porter que je le veuille ou non, mais je n’y réfléchis pas en ces termes.

Mon but premier est de divertir, de permettre au lecteur de passer un bon moment. Cela dit, je travaille énormément mes thèmes et le symbolisme qui s’y rapporte, toujours en lien avec les personnages, leur parcours, leurs désirs et leurs craintes.

J’aime questionner, plus que transmettre.

Pour ce roman, parler du thème principal pourrait dévoiler certains éléments de l’intrigue, donc je préfère laisser les lecteurs le découvrir. Ce que je peux dire, c’est qu’on s’y questionne sur sa relation avec le passé, à travers ses souvenirs. On s’y questionne aussi sur la frontière entre réel et imaginaire. Ces deux éléments thématiques se nourrissent mutuellement de manière assez évidente.

Au-delà des éléments technologiques et des combats, le roman s’intéresse surtout aux liens entre les personnages qui y vivent. Jusqu’où est-on capable d’aller pour les gens que l’on aime ? Quelles sont nos limites ?

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Daniel Mat : Je viens de terminer le premier tome d’une série jeunesse (au croisement de Cherub et de La Cinquième Vague) qui suit les aventures d’une armée d’adolescents luttant contre un envahisseur extraterrestre capable de contrôler l’esprit des adultes. Beaucoup d’action et une bonne dose d’humour. Le manuscrit cherche son éditeur, souhaitez-moi bonne chance !

Je travaille également sur un roman qui se déroule dans le même univers qu’Au-delà de la Lumière et qui touchera cette fois à l’intelligence artificielle. Ce n’est pas une suite, mais les lecteurs pourront retrouver quelques références plus ou moins directes. J’espère pouvoir le publier avec Scrineo l’année prochaine, en espérant qu’il plaise à mon éditrice !

Finalement, je commence la préparation d’un roman young adult qui se déroulera cette fois à notre époque, dans la veine de John Green ou Adam Silvera, avec un soupçon de fantastique. Je ne peux malheureusement pas en parler davantage pour le moment.

Je me réjouis de pouvoir en dire plus sur tous ces projets.