Éditeur : Bragelonne (collection BigBang)
Date de sortie : 14 août 2019
Genre : post-apocalyptique (young adult)

Synopsis

Le voyage a-t-il encore un sens quand la route n’existe plus ?

Matthew, Charly, Kiran, Tobias et sa meute de loups ont survécu à l’effondrement de la caldeira du Yellowstone. Leur voyage se prolonge, alors qu’ils décident de rallier New York à pied, dans l’espoir d’y retrouver les parents de Charly. Ensemble, ils devront affronter les dangers de la route, les rencontres inattendues, mais aussi leurs propres démons, qui se révèlent toujours un peu plus dans ce crépuscule du monde tel qu’ils le connaissaient.

Ils ne pourront compter que sur eux-mêmes pour s’en sortir… et sur leur veine de pendu, mais les accompagnera-t-elle jusqu’au bout ?

Critique

Quand une lecture me bouleverse à un point inimaginable

Cela fait plusieurs semaines que j’ai refermé ce tome 2 et, pourtant, je ne me suis toujours pas remise de tout ce que les personnages ont enduré. Certes, j’avais beaucoup apprécié le premier volet, mais rien ne m’avait préparée à l’intensité du suivant. Le Crépuscule du monde est un, deux, trois crans au-dessus. Un coup de cœur monumental pour lequel j’ai obtenu une jolie dédicace aux Halliennales de l’an dernier :

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Et pour ne rien gâcher, ma binôme Saiwhisper m’a accompagnée durant toute ma lecture. Vous pouvez d’ailleurs retrouver son avis, très similaire au mien, sur son blog.

L’apocalypse n’épargne personne…

…pas même les petites filles ! Chloé Jo Bertrand nous le prouve dès le prologue en intégrant un nouveau personnage à son histoire : Camille, une orpheline trouvée sur le bord de la route. Si, dans un premier temps, nos héros refusent de s’en occuper – lorsque le monde s’effondre, c’est chacun pour soi, après tout ! -, ils finissent par s’attacher à elle et la prennent sous leur aile, ne faisant qu’ajouter à leurs préoccupations.

Mais Camille est comme un rayon de soleil. Ses caprices mettent les nerfs de tous à rude épreuve, toutefois son sourire et sa bonne humeur compensent largement. Bon, il est vrai qu’en règle générale, les personnages aussi jeunes n’ont pas ma préférence, mais son arrivée permet de consolider le groupe auquel j’avais l’impression d’appartenir.

Je n’ai relevé qu’un seul bémol, en fin de compte : la vitesse à laquelle elle tisse des liens avec Tobias. C’était peut-être un chouia trop rapide pour être totalement crédible, néanmoins on s’y fait rapidement. Ces deux-là s’entendent si bien malgré leurs blessures respectives, au point de créer leur propre langage. En effet, Tobias tient davantage du loup que de l’homme à présent…

Nos démons ne nous quittent jamais vraiment

C’est l’amère expérience que feront Matthew, Tobias, Kiran et Charly au cours de leur périple. Tant qu’ils continuent d’avancer, ils sont en vie, mais à quel prix ?

Tobias et Matthew peinent à retrouver la complicité qu’ils partageaient autrefois. Le premier refuse sa part d’humanité, tandis que le second est rongé par la culpabilité, et ce n’est pas loin de le tuer.

Kiran et Charly, quant à eux, sont presque parvenus à trouver un équilibre ; chacun est la béquille de l’autre. C’est donc un duo qui fonctionne à merveille. Charly me paraît toujours un peu caricatural, surtout lorsqu’il se sent obligé de jurer à tout-va. Cependant, Kiran lui porte une affection indéfectible, et comme c’est un personnage qui m’a attendrie par sa fragilité mêlée de force, je ne pouvais que pardonner ses brusqueries à Charly

Bref, l’auteure est parvenue à traduire les sentiments de ses personnages, tant avec des mots qu’avec des actes, jusqu’à brouiller la frontière avec le lecteur. J’avais vraiment l’impression d’accompagner nos héros dans leur quête.

Dernier point à aborder : la romance. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle m’a beaucoup plu. J’ai simplement trouvé qu’elle tournait un peu trop en rond, mais les adolescents sont réputés pour être indécis, pas vrai ?

La survie, mas pas seulement

Le Crépuscule du monde repose principalement sur le désir de Charly de retrouver ses parents, restés à New York. Le hic ? C’est à l’autre bout du pays ! De plus, le groupe se déplace majoritairement à pied et la météo n’est pas franchement clémente. Et puis, qui sait s’ils sont encore en vie ?!

C’est donc une course contre la montre qui s’engage, entrecoupée de moments dédiés à la survie. L’action n’est pas constante, mais ce n’est pas un défaut pour autant. L’histoire est riche en rebondissements, qu’ils concernent les relations entre nos héros ou les dangers qu’ils encourent chaque jour, alors qu’ils s’enfoncent dans le territoire américain. Et ce qu’ils vont y trouver n’est pas toujours de très bon augure…

Chloé Jo Bertrand, sadique ?

Je suis tentée de répondre par l’affirmative ! L’auteure ne ménage pas ses personnages ; ils vivront plus de malheurs qu’il n’est possible d’encaisser. Malgré cela, elle est parvenue à rendre son histoire crédible. Nos héros ne peuvent compter sur la chance pour s’en sortir, ni avoir recours à des subterfuges invraisemblables. Non, au contraire, ils vont souffrir, se battre, désespérer. Se relever et, parfois, vaincre. D’ailleurs, les catastrophes naturelles ne seront pas leur pire ennemi. Ce seront plutôt les hommes, cruels et bestiaux dans leurs instincts les plus primitifs.

Moi qui avais eu un peu de mal avec le style familier dans La Saison des ravages, je l’ai ici retrouvé avec plaisir, car il m’a permis de me rapprocher de Matthew, Kiran et Charly, de connaître leurs pensées, leurs émotions. J’ai été réellement prise aux tripes par ce deuxième tome, tout comme ma binôme de lecture ! Et je ne vous parle même pas du final qui nous a secouées comme jamais…

Incapables d’attendre, nous avons aussitôt enchaîné avec le tome 3. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour découvrir mon avis !

Du même auteur

Apocalypse Blues, tome 1 : La Saison des ravages, Chloé Jo Bertrand
Apocalypse Blues, tome 3 : L’Ère des révoltes, Chloé Jo Bertrand