Éditeur : Scrineo
Date de sortie : 26 août 2021
Genre : fantasy féerique (young adult)

Synopsis

Paris, de nos jours.

Les hommes ont découvert l’existence de la magie et des Cours faëriques, l’Été et l’Hiver. Après des années de conflit sans merci, la paix établie demeure fragile. Et lorsque des chevaliers de la Cour d’Été disparaissent sans laisser de trace, elle ne tient plus qu’à un fil… Accusée, Medb, la reine de l’Hiver, fait régner par vengeance un hiver glacial dans les rues de la capitale.

Le jour où Virgile, changelin doué de magie et orphelin, tente de se suicider, Medb le sauve contre son gré et lui propose un pacte : s’il veut mourir, il n’a d’autre choix que d’enquêter pour retrouver les chevaliers disparus et prouver l’innocence de l’Hiver. Heureusement, il croise le chemin de Camille, qui a des contacts privilégiés avec les faës et lui offre son aide. C’est le début d’une course contre la monde effrénée pour éviter une nouvelle guerre et sauver Virgile…

Critique

Des espoirs déçus

Un monde dans lequel humains et faës cohabitent ? Des chevaliers de la cour d’Été qui disparaissent ? Une enquête désespérée pour tenter de les retrouver ? Pouvais-je vraiment dire « non » à un tel synopsis ?

Je remercie donc les éditions Scrineo pour l’envoi de ce livre dont j’attendais beaucoup. En effet, ayant adoré les débuts du précédent roman de l’auteure, La Chasse fantôme, j’avais bon espoir d’apprécier plus encore celui-ci. Ce ne fut pas le cas, malheureusement.

Un synopsis trompeur ?

Il s’agit là d’un avis partagé avec d’autres lecteurs, puisque les partenaires de la maison d’édition ont eu la chance de pouvoir réaliser une lecture commune. Ainsi, nous sommes plusieurs à affirmer que le synopsis nous a induits en erreur. Attention, tous les éléments qu’il décrit sont bien présents dans le roman, toutefois ils sont vite effacés par les préoccupations des personnages.

Alors que je misais avant tout sur la présence des faës et la disparition des chevaliers de l’Été, Hermine Lefebvre a choisi de s’attarder sur des thématiques sensibles telles que la non-binarité, l’intersexuation, les maltraitances familiales et la dépendance à l’héroïne. Bien évidemment, c’est sans hésiter que je salue cette initiative qui permet notamment d’éduquer jeunes et moins jeunes sur des sujets actuels. Mais, personnellement, ce n’était pas ce que je recherchais. Résultat : mes attentes n’ont pas été comblées !

Un univers enchanteur à peine exploité

Sous le sceau de l’hiver n’est pas mon premier roman faisant mention des faës. Je peux par exemple citer Chroniques des Cinq-Trônes d’Anthelme Hauchecorne ou Les Outrepasseurs de Cindy Van Wilder. Et, malgré cela, j’ai été charmée par la fraîcheur qu’apporte Hermine Lefebvre. Les Cours d’Été et d’Hiver, les particularités de chaque faë, la guerre qui les oppose aux hommes : j’ai tout aimé de cet univers qui se construit au fil des pages.

Mais voilà, ce n’est finalement qu’un décor dans lequel se déroule une histoire bien différente de celle que j’avais imaginée. Les éléments qui le constituent sont à peine effleurés, à peine expliqués. J’aurais tellement aimé que l’auteure creuse davantage les possibilités qu’il offrait, qu’elle s’intéresse plus aux faës qu’à ses héros pour le moins insupportables…

Camille et Virgile, un duo mal assorti ?

Tous deux viennent de mondes très différents. En soi, ce n’est pas un problème. Néanmoins, dès leur rencontre, j’ai compris que l’auteure ferait de leur relation un exemple idéalisé. D’ailleurs, le pacte imposé à Virgile par la reine de l’Hiver ne semble qu’un prétexte pour les obliger à se lier.

En fait, tous deux tombent dans le cliché. Camille est beaucoup trop tourné vers les autres pour que ce soit crédible. Son désir le plus ardent est de se montrer utile, d’offrir l’aide qu’on lui a toujours refusée en raison de sa différence. Virgile, lui, est un drogué qui ne pense qu’à son prochain shoot… ou à la manière dont il se suicidera. Cela, je peux bien sûr le comprendre et ça ne m’a pas dérangée outre mesure.

Mais face aux erreurs de Virgile, jamais Camille ne s’énerve, jamais Camille ne lui fait de reproches, lui trouvant des excuses même durant les instants les plus terribles. C’est un peu étrange venant de quelqu’un que vous avez rencontré quelques jours auparavant, non ? Et puis, Virgile a la fâcheuse habitude de se dévaloriser pour mieux se convaincre que Camille finira par l’abandonner.

Bref, le duo manque de nuances, tant il est dans l’excès. D’un côté, Camille est trop bienveillant, trop prévenant, trop gentil. De l’autre, Virgile se montre systématiquement ronchon et défaitiste. Surtout, il ne cesse de faire des erreurs, mais celles-ci sont inévitablement liées à son environnement familial, ce qui le dédouane de toute responsabilité.

L’intrigue m’a tout de même plu

C’est un peu contradictoire, j’en ai conscience, mais même si je ne me suis pas attachée aux personnages, j’ai apprécié l’intrigue générale. Ce n’était pourtant pas gagné, car l’enquête me paraissait un peu hasardeuse au début. Rapidement cependant, elle s’oriente vers une piste plus sérieuse exigeant quelque réflexion.

Dès lors, si l’on excepte les passages réservés aux personnages et à leurs indécisions, on peut dire que le scénario est efficace. L’action pointe très vite le bout de son nez et les rebondissements s’enchaînent. Certes, j’ai deviné le dénouement avant d’y parvenir et je reste dubitative quant à l’épilogue, du moins tourné de cette manière, toutefois je n’ai eu aucun mal à tourner la dernière page.

De la même auteure

La Chasse fantôme, Hermine Lefebvre